Comprendre ces évolutions aide les dirigeants, responsables sécurité et gestionnaires de risques à mieux préparer leur organisation, à renforcer leur résilience et à adapter leurs dispositifs de protection aux nouveaux défis qui émergent à l’échelle mondiale.
Un environnement international marqué par l’incertitude et la fragmentation
L’année 2026 s’inscrit dans un contexte de forte volatilité géopolitique et économique. Les tensions entre grandes puissances continuent d’influencer les échanges internationaux, tandis que plusieurs États renforcent leurs politiques protectionnistes afin de préserver leurs intérêts stratégiques et leur souveraineté économique. Cette évolution affecte directement les chaînes d’approvisionnement, les investissements internationaux et les conditions d’accès à certains marchés.
Les entreprises sont également confrontées à une polarisation croissante des débats publics, à des mouvements sociaux plus visibles et à une multiplication des campagnes militantes ciblant certaines activités ou orientations stratégiques. Les organisations sont désormais exposées à des risques qui dépassent largement leur périmètre opérationnel traditionnel. Les événements internationaux, les conflits régionaux ou les décisions gouvernementales peuvent entraîner des répercussions directes sur leur activité, leur réputation ou leur continuité d’exploitation.
Cette réalité renforce la nécessité d’une veille permanente et d’une meilleure compréhension des facteurs susceptibles d’influencer l’environnement opérationnel.
Les infrastructures critiques deviennent des cibles privilégiées
Le rapport souligne une augmentation continue des menaces visant les infrastructures critiques, qu’il s’agisse des réseaux énergétiques, des systèmes de communication, des ressources en eau, des aéroports ou encore des data centers. Les acteurs malveillants cherchent à maximiser l’impact de leurs actions en ciblant des installations dont le dysfonctionnement peut affecter un grand nombre d’organisations ou de citoyens.
Les modes d’action évoluent également. Les attaques physiques continuent d’exister, mais elles s’accompagnent désormais de méthodes numériques, d’opérations de sabotage indirectes ou encore de l’utilisation de drones accessibles commercialement. Cette convergence des menaces accroît la complexité des dispositifs de protection à mettre en œuvre.
Les entreprises qui dépendent d’infrastructures critiques, directement ou via leurs partenaires, doivent évaluer régulièrement leur niveau d’exposition. La résilience des approvisionnements, la redondance des systèmes essentiels et l’anticipation des scénarios de perturbation deviennent des éléments centraux de la stratégie de sécurité. Le rapport recommande notamment de renforcer les mesures de continuité d’activité et d’identifier les dépendances susceptibles de fragiliser les opérations en cas d’incident majeur.
L’intelligence artificielle transforme les risques internes des entreprises
L’intelligence artificielle constitue l’un des sujets majeurs identifiés pour 2026. Son adoption accélérée dans de nombreux secteurs contribue à améliorer l’efficacité opérationnelle, mais elle s’accompagne également de nouveaux risques organisationnels. Le rapport met en évidence une augmentation des restructurations et suppressions de postes associées à l’automatisation, notamment dans les secteurs technologiques, industriels, logistiques et de services.
Cette évolution peut alimenter un sentiment d’insatisfaction chez certains collaborateurs et accroître les risques internes. Vol de données, utilisation inappropriée des accès, sabotage ou diffusion d’informations sensibles figurent parmi les préoccupations identifiées. Dès lors, la gestion des accès, la protection des données sensibles et la surveillance des environnements numériques critiques s'imposent comme des axes de vigilance majeurs.
La montée en puissance de l’IA conduit également à une réflexion plus large sur la gouvernance des technologies, la gestion du changement et l’accompagnement des équipes. Une stratégie équilibrée contribue à réduire les tensions internes tout en favorisant une adoption maîtrisée des nouveaux outils.
Activisme, réputation et enjeux ESG : une pression croissante sur les organisations
Les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance continuent d'influencer fortement les entreprises. Selon le rapport, les groupes militants poursuivent leurs actions à l'encontre des organisations perçues comme s'éloignant de leurs engagements ESG ou modifiant leurs pratiques en réponse aux pressions économiques et politiques.
Les campagnes de boycott, les mobilisations sur les réseaux sociaux, les manifestations ou les actions de sensibilisation ciblent de plus en plus les entreprises et leurs dirigeants. Certaines organisations peuvent également être confrontées à des tensions internes lorsque les orientations stratégiques sont perçues comme incompatibles avec les attentes d’une partie des collaborateurs.
Cette tendance souligne l’importance d’une communication cohérente, d’une compréhension fine des attentes des parties prenantes et d’une analyse régulière des risques réputationnels. Les entreprises doivent intégrer ces paramètres dans leur approche globale de gestion des risques afin de mieux anticiper les réactions susceptibles d’affecter leur image ou leurs activités.
Pourquoi la veille stratégique devient un levier essentiel de résilience
L’un des principaux enseignements du rapport est que les risques ne peuvent plus être analysés de manière isolée. Les dimensions géopolitiques, économiques, sociales, technologiques, juridiques et environnementales interagissent désormais en permanence. Cette approche, fondée sur l’analyse PESTEL*, met en évidence la convergence de facteurs qui influencent simultanément la sécurité, la continuité des opérations et les décisions majeures des entreprises.
Une veille stratégique structurée contribue à identifier les signaux faibles, à anticiper les évolutions susceptibles d’affecter l’organisation et à préparer des réponses adaptées avant qu’un incident ne survienne. Cette démarche aide également les dirigeants à prendre des décisions plus éclairées dans un contexte marqué par l’incertitude.
Les organisations qui développent leurs capacités d’analyse et de compréhension des menaces disposent d’un avantage significatif pour protéger leurs activités, préserver leurs ressources et saisir de nouvelles opportunités malgré un environnement complexe.
Conclusion
Le rapport annuel d’évaluation 2026 met en évidence une réalité désormais incontournable : les risques qui affectent les entreprises sont de plus en plus interconnectés. Menaces visant les infrastructures critiques, transformations liées à l’intelligence artificielle, tensions géopolitiques, activisme et pressions économiques créent un environnement exigeant qui nécessite une anticipation renforcée.
Une approche fondée sur la veille, l’analyse des risques et la préparation opérationnelle contribue à renforcer la résilience des organisations face à ces évolutions. Les entreprises capables d’intégrer cette logique dans leur stratégie disposent de meilleures conditions pour protéger leurs activités et accompagner leur développement.
Vous souhaitez mieux comprendre les risques susceptibles d’affecter votre organisation ? Nos experts peuvent vous accompagner dans l’analyse de votre environnement et l’identification des mesures adaptées à vos enjeux.
- Télécharger le rapport annuel d'évaluation du Risk Intelligence Center (en anglais)
*L’analyse PESTEL est un outil stratégique qui permet d’identifier les facteurs externes susceptibles d’influencer l’activité d’une entreprise, d’un marché ou d’un projet. Cet acronyme désigne six catégories de facteurs : politique, économique, socioculturel, technologique, environnemental et légal.