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Comment définir une bonne stratégie de sécurité pour son entreprise ?

Pour les grands groupes comme pour les entreprises de taille intermédiaire, la sécurité est devenue un enjeu de plus en plus stratégique. Pour y répondre, l’organisation et les moyens mis en œuvre ne sont pourtant pas toujours à la mesure des défis soulevés par cette question.

INTERVIEW

Olivier Hassid

Expert en sécurité, Président de Corporate Security Intelligence (CSI), auteur de « sécurité et sûreté : guide pratique et juridique », Legitech, 2021.

« Sécuriser une entreprise, c’est d’abord savoir recruter un directeur de la sécurité compétent »

Les entreprises sont-elles aujourd’hui plus sensibles aux questions de sécurité ?

Olivier Hassid : Elles manifestent un désir grandissant d’évaluation de leurs dispositifs de sécurité. Étonnamment, celles qui ont mis en place ces dernières années une direction dédiée à ces questions n’en mesurent pas toujours la valeur. Elles disposent d’agents de sécurité et se sont dotées d’une organisation adéquate, mais il leur manque encore la troisième ligne de défense, celle qui consiste à mesurer l’efficacité de leur propre stratégie de sécurité.

— Lire aussi : Quels indicateurs pour piloter la sûreté de son entreprise ?

Quelles sont les grandes missions d’un directeur de la sécurité ?

O.H. : Son rôle est de protéger l’entreprise, les biens et les personnes qui y travaillent, et éventuellement les marques et l’information qu’elle utilise dans ses activités. Parmi les menaces à considérer, l’espionnage figure désormais en tête de liste, mais il y a également les vols et la fraude, les flambées géopolitiques dans les régions du monde où l’entreprise cherche à se développer, le terrorisme, et bien entendu les incivilités et les agressions. Il y a quinze ans, des groupes du CAC40 ne disposaient pas de direction de la sécurité et on trouve encore certains dirigeants peu favorables à cette idée. La sensibilisation progresse néanmoins, du fait du contexte dans lequel les entreprises travaillent, avec une évolution du niveau de violence dans nos sociétés.

Les risques sont-ils plus élevés qu’avant ?

O.H. : Dans les années 1970, les groupes pétroliers étaient déjà très mobilisés sur la question de leur sécurité physique. Dans les années 1980, les hôpitaux en ont pris conscience à leur tour. Depuis une période récente, ce sont les entreprises recevant du public, celles de la grande distribution notamment, qui s’organisent, de même que celles qui utilisent au quotidien des données sensibles ou confidentielles. Si les risques s’accroissent, c’est du fait aussi de la mondialisation. En allant se développer dans des régions parfois dangereuses, elles se mettent davantage en risque que par le passé.

Autrement dit, les risques s’accroissent parce que les entreprises interviennent de plus en plus à l’international, elles sont exposées à la concurrence agressive de pays sans foi ni loi qui usent de différents procédés pour capter de l’information, et qu’elles font face à des nouvelles formes d’insécurité. Je pense aux mouvances radicales anticapitalistes ou aux cyberattaques par exemple.

Comment les entreprises peuvent-elles élaborer une véritable stratégie de sécurité ?

O.H. : Il faut d’abord que l’entreprise et ses dirigeants soient conscients des risques auxquels ils sont exposés. Ensuite, il faut savoir recruter un directeur de la sécurité compétent, qui connaisse les méthodologies, maîtrise des notions primordiales telles que la prévention situationnelle, et comprenne le mode de fonctionnement de l’entreprise et les enjeux de ses activités. Le responsable de la sécurité doit en outre être capable de mettre en place un management du risque, en identifiant les menaces et en proposant des outils pour les atténuer.

Les dirigeants d’entreprise mesurent-ils l’enjeu économique de la sécurité ?

O.H. : S’organiser face aux risques, c’est protéger son positionnement et ses parts de marché, arriver à ne pas se faire voler ses informations, accompagner son développement et effectuer une veille dans les pays où l’on envisage de s’implanter. En pratiquant cette intelligence économique, la direction de la sécurité accompagne ainsi le top management dans la création de valeur.

Quels sont les secteurs les plus avancés en la matière ?

O.H. : Les entreprises technologiques sont incontestablement parmi les meilleures dans leur approche globale de la sécurité. C’est aussi le cas des entreprises pharmaceutiques qui sont soucieuses, à la fois de capter des marchés dans des zones pas toujours très sûres, et de protéger leurs informations. Celles de l’aéronautique et de la défense, naturellement, le sont aussi. Elles excellent dans les synergies entre sécurité physique et cybersécurité.

Quels sont les secteurs les plus en retard ?

O.H. : Actuellement, l’industrie agroalimentaire et des secteurs comme les médias se rendent compte qu’ils sont à la traîne et qu’il va falloir opérer rapidement un rattrapage.

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